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"Il faut se garder de succomber au catastrophisme, aux discours qui déforment les constats de la science et risquent au final d'engendrer la résignation "
- Hervé Le Treut, climatologue français


"Je veux construire une écologie sociale. Car écologie et social sont étroitement liés "
- Ségolène Royal

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CLIMAT - Politiques

Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /2010 00:25


Cela fait très sincèrement vraiment du bien de lire cet article que j'estime essentiel. Tellement fondamental que je le reproduis ici en intégralité. L'analyse d'Henri Atlan est EXCELLENTE, la réflexion est très profonde, les références très riches. C'est vraiment le meilleur article de ces dernières années à propos de la thématique climatique publié dans la presse française.

J'ai poussé un "ouf" de soulagement à la lecture de cet article, notamment lors du passage :
"(...) La religion écologique du "sauver la planète" risque de nous emporter dans des débordements idéologiques, non sans danger de totalitarisme, comme certaines gouvernances mondiales qui sont déjà préconisées (...)"

Je me suis dit : ouf, il y a en France des grands penseurs qui ont conscience de cette lourde menace de dérive éco-totalitaire, tout n'est pas perdu.  

MERCI, Henri Atlan.

- Olivier

Henri Atlan est biologiste, philosophe et écrivain français. Il est ancien chef du service de biophysique à l'hôpital de l'Hôtel Dieu, membre de 1983 à 2000 du Comité Consultatif National d'Ethique, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, pionnier des théories de la complexité et de l'auto-organisation du vivant, auteur de nombreux travaux en biologie cellulaire, philosophe (philosophie de Spinoza en particulier) et spécialiste de l'éthique.


Lire aussi :

"Il faut se garder de succomber au catastrophisme, aux discours qui déforment les constats de la science et risquent au final d'engendrer la résignation "
- Hervé Le Treut, climatologue français


null"Nous ne sommes plus au Moyen Age", par Jacques Le Goff, historien
https://electron-economy.org/article-ecologie-nous-ne-sommes-plus-au-moyen-age-par-jacques-le-goff-historien-46901293.html

null"Le principe de précaution oblige à exagérer la menace" - par François Ewald, philosophe du risque
https://electron-economy.org/article-le-principe-de-precaution-oblige-a-exagerer-la-menace-par-fran-ois-ewald-philosophe-du-risque-44490704.html

null"Lorsqu'une théorie scientifique prend le pouvoir pour sauver les hommes, cela s'est toujours terminé par des massacres", par Serge Galam, physicien spécialiste du désordre
https://electron-economy.org/article-lorsqu-une-theorie-scientifique-prend-le-pouvoir-pour-sauver-les-hommes-cela-s-est-toujours-termine-par-des-massacres-45208669.html

nullScientisme climatique, une excellente analyse de Pascal Bruckner, écrivain
https://electron-economy.org/article-scintisme-climatique-une-excellente-analyse-de-pascal-bruckner-liberation-fr--42900615.html


nullLa philosophe Elisabeth Badinter, spécialiste des lumières, s'engage contre les dérives éco-totalitaires
https://electron-economy.org/article-elisabeth-badinter-en-guerre-contre-l-eco-totalitarisme-45096887-comments.html

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Les dangers de la "No Future Mentality", par Hermann Scheer
https://electron-economy.org/article-33455771.html


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LIBERTE DURABLE - "L'homme est trop bon et pas assez intelligent"
https://electron-economy.org/article-liberte-durable-un-individualisme-altruiste-est-possible-et-c-est-meme-la-le-fondement-moral-de-nos-societes-occidentales--42586648-comments.html





nullLa religion de la catastrophe
Par Henri Atlan

Devant la quasi-unanimité de la classe politique sur le climat, voilà que le Front national embouche les trompettes de la contestation du consensus, déjà existante mais encore très minoritaire à droite comme à gauche. Mais ce n'est pas parce que le FN s'empare d'un problème que le problème n'existe pas. Heureusement Claude Allègre et d'autres ont commencé à tirer la sonnette d'alarme. Je veux m'intéresser ici à la question des modèles. Il y a un problème de crédibilité des modèles de changements climatiques et des prédictions qui en sont déduites. Ces modèles concernent en effet un domaine - le climat - où le nombre de données disponibles est petit par rapport au nombre de variables qui sont prises en compte dans leur construction, sans parler des variables encore inconnues.

 

Cela implique qu'il existe un grand nombre de bons modèles, capables de rendre compte des observations disponibles, alors même qu'ils reposent sur des hypothèses explicatives différentes et conduisent aussi à des prédictions différentes, voire opposées. Il s'agit là d'une situation dite "des modèles par les observations", cas particulier de "sous-détermination des théories par les faits", bien connue des chercheurs engagés dans la construction de modèles de systèmes complexes naturels, où le nombre de données ne peut pas être multiplié à l'envi par des expérimentations répétées et reproductibles. Conséquence : les modèles sur les changements climatiques ne peuvent être que des hypothèses, mises en formes informatiques très sophistiquées mais pleines d'incertitudes quant à leur relation à la réalité ; et il en va de même des prédictions qui en sont déduites.


Le rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) ne fait pas exception et certaines de ces incertitudes y sont d'ailleurs mentionnées. Mais comme le rapport complet est supposé difficile à lire et à comprendre pour le grand public et les décideurs politiques, il est complété par un document plus bref de recommandations aux gouvernants. Et là, plus d'incertitude, sinon à l'intérieur d'une fourchette de quelques degrés prédisant l'augmentation de température moyenne de la terre à court et à moyen terme. Le résultat est la croyance aveugle en la valeur de vérité du modèle établi par les scientifiques experts du climat et le caractère inéluctable des prédictions plus ou moins apocalyptiques.


Cette croyance, reprise et amplifiée par des oeuvres et des discours à grand retentissement médiatique, a pris la forme dans une grande partie de l'opinion publique mondiale d'un dogme et d'une religion du "sauvez la planète", alors que celle-ci, qui en a vu bien d'autres, n'est pas en danger. Certes des glaces polaires fondent, certes des glaciers reculent après avoir avancé, certes des terres basses et des îles risquent d'être submergées dans un proche avenir, tandis que c'est un certain refroidissement qui menace peut-être d'autres régions du globe. Réunir ces données dans un modèle global est plus que risqué car rien n'est moins sûr que l'efficacité des mesures préconisées pour "sauver la planète".


Des changements du même ordre se sont produits dans le passé. L'importance des activités humaines dans les changements observés depuis quelques décennies est l'une de ces incertitudes qui dépendent du modèle adopté. Même si la température moyenne augmente dans les décennies à venir, si tant est qu'il s'agit là d'une variable pertinente, il est loin d'être certain que la réduction de production de CO2 soit une mesure efficace pour prévenir ce réchauffement global éventuel. On nous dit que malgré les incertitudes et même les erreurs qui ont pu être relevées, les conclusions restent ce qu'elles étaient. Mais cela ne fait que renforcer le doute sur la valeur de ces modèles : ils sont si complexes et sous-déterminés qu'ils conduisent aux mêmes conclusions malgré des modifications non négligeables des données.


Il faut reconnaître que l'expertise scientifique en situation d'incertitude est difficile. Peu d'experts ont le courage d'annoncer qu'ils ne peuvent pas répondre à la demande même en probabilité. La tentation est le plus souvent de donner quand même une réponse, soit pour rassurer, soit pour mettre en garde. Le sang contaminé a été un tournant. La tendance à rassurer qui semblait dominer auparavant s'est renversée en même temps que le fameux principe de précaution s'imposait de plus en plus.


Aujourd'hui, les experts préfèrent de loin être prophètes de malheur ; comme l'avait bien compris le prophète Jérémie, on risque moins à annoncer une catastrophe qu'une bonne chose car en cas d'erreur on pourra toujours arguer de ce que la catastrophe a été évitée grâce à ceux qui l'avaient annoncée. Le principe de précaution étant passé par là, émettre des doutes sur la catastrophe annoncée est déjà dangereux pour les experts de qui on attend certitudes et recommandations fermes.


Dans le cas présent, le GIEC a été constitué avec une mission bien précise, très orientée dès le départ vers ce qui devait être la conclusion de son rapport. Il s'agissait d'évaluer de façon claire et objective "les informations d'origines scientifique, technique et socio-économique nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d'origine humaine" pour ensuite en apprécier les conséquences possibles et envisager des mesures d'adaptation et d'atténuation. C'est dire que les risques en question et leur origine humaine sont d'emblée supposés être là et il ne s'agit pour le groupe d'experts que d'en apprécier les "fondements scientifiques" et d'en déduire des recommandations. On les voit mal dans ces conditions émettre des doutes sur la réalité même de ces risques ainsi définis. Cela aurait constitué, pour le coup, un risque certain d'être déconsidérés et de perdre toute crédibilité aux yeux des instances politiques qui leur demandaient leur avis.


Plutôt que de vouloir imposer des mesures qui risquent de mettre en danger le développement de pays émergents et en voie de développement ainsi que l'économie de pays développés au nom de cette nouvelle religion à vocation universelle, il vaut mieux s'attaquer aux problèmes d'environnements locaux, pollution atmosphérique des grandes villes, pollution des mers et des rivières par le surcroît de déchets dû à la surpopulation.

L'épuisement à terme des ressources en énergies non-renouvelables est un problème en soi, qui ne met pas en danger la planète, mais qui doit être géré de façon raisonnable, sans culpabiliser leurs usagers, tout en préparant la transition, qui prendra encore quelques dizaines d'années au moins, vers le développement des énergies renouvelables.


Comme le disait un expert du climat en vue de la conférence de Copenhague, le réchauffement climatique n'est pas vu de la même façon au Danemark et au Bangladesh, régulièrement confronté aux catastrophes naturelles amplifiées par l'état des villes et des campagnes. On pourrait en dire autant d'Haïti et d'autres pays pauvres. Plutôt que de tenter de prévenir des risques globaux incertains par des mesures globales à l'efficacité tout aussi incertaine, mieux vaut résoudre les problèmes localement en corrigeant ce qui peut l'être et en s'adaptant à ce qui ne peut pas être évité à court terme par des mesures d'urbanisation et de déplacements de populations si nécessaire.

Plutôt que "sauver la planète" sauver les populations dénutries et sans eau potable. Gérer raisonnablement la transition énergétique en permettant aux pays émergents et pauvres d'utiliser les énergies fossiles pour leur permettre de rattraper leurs retards tout en développant en parallèle les utilisations d'énergies renouvelables pour préparer l'épuisement des premières, inéluctable bien que dans un avenir encore bien difficile à déterminer avec certitude.


La religion écologique du "sauver la planète" risque de nous emporter dans des débordements idéologiques, non sans danger de totalitarisme, comme certaines gouvernances mondiales qui sont déjà préconisées ; tout cela évidemment pour le bien de l'humanité et au nom de "la science", comme ce fut le cas des idéologies totalitaires du XXe siècle. Avec une nouveauté, toutefois, le "principe de précaution".


Même si les catastrophes annoncées ne sont pas certaines, nous dit-on, nous ne risquons rien à appliquer les mesures préconisées, au nom du principe de précaution. Mais c'est faux. Le développement des populations pauvres, et l'économie des sociétés de consommation à laquelle ces populations rêvent de parvenir sont en fait mis en danger par certaines de ces mesures. Le bon sens l'a emporté à Copenhague. Les applications du principe de précaution comportent toujours des risques, aussi difficiles à évaluer que ceux qu'il est censé prévenir. C'est pourquoi, en tant que principe général d'action, il se détruit lui-même.


Après tout, il n'est pas certain mais il est possible qu'existe le Dieu des théologiens. Le fameux pari de Pascal n'est pas autre chose qu'une application du principe de précaution, avec en plus une estimation des risques acceptés en pariant pour un gain bien plus grand, la félicité éternelle infinie. Appliquant le principe de précaution dans ce domaine, nous aurions dû tous depuis longtemps, avec en plus mauvaise conscience et culpabilité, nous résoudre à appliquer les mesures de restrictions et de renoncements de toutes sortes préconisées par les experts, c'est-à-dire les théologiens experts de Dieu, comme nos nouveaux experts le sont du climat. Heureusement ; il n'en a rien été. Espérons que les générations qui viennent seront aussi sages que celles qui nous ont précédés.

Source :
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3232,50-1325086,0.html


NB - "Examinons donc ce point, et disons Dieu est, ou il est pas... Que gagerez-vous?... Il faut parier cela n'est pas volontaire, vous êtes embarqué... Pesons le gain et la perte en prenant croix, que Dieu est (…) Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter."
- Blaise Pascal, Pensées 


En d'autres termes :
Si Dieu n’existe pas, le croyant et le non croyant ne perdent rien. Si Dieu existe, le croyant gagne tout, c'est-à-dire le paradis, la béatitude, le non croyant va en enfer, donc perd tout. Il est donc plus avantageux de croire en Dieu.
http://atheisme.free.fr/Repondre/Pari_pascal.htm

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Publié dans : CLIMAT - Politiques
Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /2010 17:59



- Nous sommes tous des "ignorants" -

J'ai suivi le débat entre Ségolène Royal et Daniel Cohn-Bendit (émission A vous de Juger, 25 mars, France 2). Très sincèrement, j'ai trouvé Ségolène Royal vraiment brillante. Elle est vraiment à l'écoute des français, elle prône une écologie sociale, une écologie de l'espérance basée sur du pragmatisme, une écologie de l'épanouissement humain et non une écologie éco-centrique régressive. Le score très élevé qu'elle a obtenu aux élections régionales n'est pas le fruit du hasard.

J'ai trouvé en revanche que l'argumentaire de Daniel Cohn-Bendit était très lèger : "les gens qui ont travaillé sur la taxe avec Michel Rocard sont très intelligents". Sous-entendu "Les gens qui ne sont pas favorables à cette taxe carbone ne sont pas intelligents". Hé Monsieur Cohn-bendit, veuillez baser votre réflexion sur des arguments sérieux, pas sur les étiquettes des gens !

Un peu avant ce débat, Monsieur Cohn-Bendit, vous avez déclaré dans les médias : "Ségolène raconte n'importe quoi".  C'est presque aussi méprisant que les propos de Jean-Marc Jancovici, idéologue  de la décroissance, quand il dit que les français hostiles à la taxe carbone sont des "ignorants" et des "cancres", et que lui seul sait ce qui est bon pour les français et l'environnement. Jean-Marc Jancovici (qui a manifestement un gros problème avec la démocratie) : "(...) L’abandon de la taxe carbone est une victoire de l’ignorance. Pour l’enseignant que je suis, c’est triste de voir que les cancres ont eu le dernier mot (...) même si cette idée peut sembler monstrueusement prétentieuse [Commentaire : le mot est faible], à quelques exceptions près nos élus, nos ministres, les magistrats du Conseil constitutionnel et la patronne du Medef sont des ignorants en matière d’énergie. Il est physiquement impossible de les asseoir quatre heures dans une salle de classe et de leur faire un condensé de ce qui est désormais appris par une fraction croissante de nos ingénieurs et compris par une fraction croissante des dirigeants d’entreprises industrielles." - Source :
Terra Economica.info - Jean-Marc Janvovici avait également déclaré en janvier 2010 : "Il faut changer les membres du Conseil constitutionnel au vu de leur ignorance"
(plus d'infos
ici)


- La taxe carbone du club Hulot : une mesure vouée à l'échec car construite sur le marécage de l'idéologie décroissante -

Comment aurait fonctionné la fa(u)meuse taxe carbone ? (impôt que Jean-Marc Jancovici considère comme une mesure relevant de la vérité universelle incontestable et quasi-divine). Les prix de l'essence et du fioul auraient augmenté, mais, nous dit-on, un chèque d'environ 200 euros aurait été reversé chaque année pour compenser.

Ces 200 euros correspondent, nous dit-on, à une moyenne, or les français n'ont pas à obéir à une moyenne, à un standard : il y a des français très actifs, qui ont besoin de beaucoup se déplacer, il y en a d'autres dont les besoins de mobilité sont beaucoup plus réduits. Cette diversité est une richesse. Ce système de la taxe carbone est un système égalitariste visant en réalité la paralysie, le déclin, la régression de l'homme : "Restez chez vous, déplacez-vous en voiture le moins souvent possible, et alors une partie du chèque de 200 euros alimentera votre tire-lire !". Cette logique absurde est celle de l'écologie punitive, dont le socle idéologique est éco-centrique, anti-liberté, anti-humain. La mobilité libre est un droit fondamental, au même titre que respirer. 

On nous dit aussi "oui, mais les français qui habitent à la campagne loin de leur travail auront un chèque au montant plus important que les autres". C'est vraiment n'importe quoi : il est impossible d'intègrer au cas par cas les situations individuelles de chacun des français, sauf à transformer cette taxe, comme l'a souligné à très juste titre Ségolène Royal, en usine à gaz.  Cette taxe visait clairement à réduire la mobilité automobile par un signal prix. Or l'objectif affiché n'est pas de réduire la mobilité automobile mais de réduire l'impact climatique. En réalité cette taxe est  sournoise car elle constitue un gadget insignifiant sur le plan climatique, mais par contre elle est toxique pour l'activité économique et la mobilité automobile des français. Les français l'ont bien compris.

Certains essayent de faire croire que cette taxe carbone aurait fonctionné comme le système bonus/malus, or c'est faux, pour la simple et bonne raison que les voitures électriques ne sont pas encore disponibles sur le marché à un coût équivalent à la voiture à pétrole. Il est complètement stérile et contre-productif de culpabiliser les gens en leur disant "vous détruisez la planète quand vous prenez votre voiture à pétrole" s'il n'y a pas d'alternative sur le marché. Les voitures électriques 2.0 de Renault seront sur le marché à partir de 2012 en France (en 2011 en Israël et au Danemark), et ceci avec un business-model intelligent permettant de vendre la voiture électrique au même prix que son équivalent essence. En 2012, le prix du baril de pétrole sera vraissemblablement plus élevé qu'aujourd'hui, rendant la voiture électrique encore plus compétitive : la taxe carbone n'est absolument pas indispensable pour faire basculer les consommateurs vers l'achat de véhicules zéro émission.

nullOn nous dit : "Mais même des villes américaines ont mis en place la taxe carbone !". Or la taxe mise en place par la ville de Boulder (Colorado) n'a strictement rien à voir avec la taxe carbone actuellement en débat en France : la taxe de Boulder porte sur l'électricité. Etant donné qu'une offre en électricité d'origine renouvelable est disponible à Boulder (et que la smart grid va permettre d'optimiser la pénétration de cette électricité verte), la taxe carbone sur l'électricité d'origine fossile permet d'inciter les citoyens à faire le choix de l'électricité verte. Il s'agit d'une politique incitative de type bonus/malus (électricité vraiment renouvelable versus électricité fossile et nucléaire), d'une politique de progrès, pas d'une politique de punition et de régression (Lire : La ville de Boulder, championne de l'écologie positive).

Un Bonus / Malus sur l'électricité ? Taxer le kWh électro-nucléaire (compte-tenu de l'impact environnemental du nucléaire, énergie de plus non durable), pour accélèrer le développement de l'éolien ? Voilà un projet éco-pertinent que devrait soutenir Europe-Ecologie ! Un Bonus / Malus écologique sur l'essence ? Pas avant que les voitures électriques soient disponibles en masse sur le marché à un coût identique aux voitures à pétrole équivalentes.

La fiscalité sur l'essence est déjà tellement élevée en France qu'une éco-taxe supplémentaire n'est pas nécessaire pour faire basculer les consommateurs vers la voiture électrique. Précisons par ailleurs que les taxes sur l'essence en Suède (qui comprennent une éco-taxe)  sont inférieures aux taxes (sans éco-taxe) sur l'essence en France. Si l'état français souhaite consacrer une partie des recettes de la TIPP ou de la TVA pour développer les énergies renouvelables, qu'il le fasse !



- Quel est l'avis des économistes ? -

Ajoutons que, contrairement à ce qu'Affirme Daniel Cohn Bendit et le club Nicolas Hulot, les  économistes sont formels : taxer l'énergie est la stratégie la moins efficace et la plus coûteuse de toutes les stratégies envisageables dans la perpective de contrôler le réchauffement climatique (à supposer qu'il soit possible de le contrôler, mais c'est une autre histoire). Le Copenhaguen Consensus Center a comme objectif d'identifier les stratégies les plus pertinentes pour l'épanouissement humain. Il compte parmi ses membres 8 économistes de renommée internationale, dont 5 prix Nobel d'économie (N) : Jagdish Bhagwati, Robert Fogel (N), Bruno Frey, Justin Yifu Lin, Douglass North (N), Thomas Schelling (N), Vernon L. Smith (N), Nancy Stokey. Voici la position du Copenhaguen Consensus Center a propos de la taxe Hulot :

" (...) Tenter d'arrêter le réchauffement climatique en appliquant des taxes draconiennes sur les émissions de carbone revient à mettre le feu à sa maison pour se débarrasser d'une infestation de souris. C'est une solution qui, au final, coûte bien plus cher que le problème initial.  Regardons de plus près les chiffres. La proposition originale du président Sarkozy voulait taxer 17 euros par tonne de carbone émis. Pour les consommateurs, cela voudrait dire augmenter le prix de l'essence à près de 4 centimes par litre. Et qu'aurions-nous pour cette somme ? D'après le consensus d'économistes climatiques, si nous ne prenons aucune mesure pour contrer le réchauffement climatique, nous aurons 5 euros de dégâts par tonne de carbone émis. Ce qui voudrait dire que la proposition de loi de Sarkozy nous ferait dépenser 17 euros pour en sauver 5 euros. Qui plus est, si le gouvernement souhaite réellement tenir ses promesses, et limiter la hausse de température à seulement deux degrés Celsius, il devra commencer par appliquer une taxe bien plus élevée, ensuite faire en sorte que le monde entier la suive, pour finir par augmenter cette même taxe drastiquement jusqu'à la fin de ce siècle. Une étude récente d'un l'économiste climatique, le professeur Richard Tol, pour le Centre de consensus de Copenhague, a démontré que seule une taxe de 71 euros par tonne pour commencer (ou bien 12 centimes par litre d'essence) suffirait pour contrer le réchauffement climatique. Cette même taxe devrait ensuite s'élever à 2,800 euros par tonne (donc 6,62 euros par litre d'essence) d'ici à la fin du siècle. En tout, cela coûterait au monde entier la somme phénoménale de 28 000 milliards d'euros par an (...)"
Suite :
https://electron-economy.org/article--deroute-de-la-taxe-carbone-faisons-place-aux-vraies-solutions-par-bjorn-lomborg-42880165.html


- Innover au niveau des business-models -

nullIl y a une approche bien plus pertinente que de faire intervenir l’état : innover au niveau des business-models. Un exemple : le business-model BetterPlace qui permet de rouler en voiture 100% électrique alimentée en électricité éolienne à un coût inférieur qu’avec une voiture à pétrole équivalente (Lire : La révolution de la voiture électrique 2.0). Je crois que la clé est vraiment dans ce genre d’innovations.   Si Thomas Edison a réussi à faire pénètrer en masse la lampe électrique sur le marché à une époque où toute les lampes fonctionnaient au pétrole, c'est grâce à un business-model pertinent (lire : Comment accélèrer le passage à la Clean-Tech Economy ? ). Grâce à Edison, la lampe électrique revenait à moins cher pour le consommateur que la lampe à pétrole, et ceci pour un service de qualité supérieur (meilleur éclairage, pas d'odeur, pas de risque incendie etc.). Il va se passer exactement la même chose concernant le passage de la voiture à pétrole à la voiture électrique.

nullAutre exemple : ENVIROFIT (Colorado State University) : des mini-poêles à haute efficacité et très bon marché (18 euros) pour les 3500 millions de personnes dans le monde qui cuisinent au feu de bois. « Envirofit est une approche commerciale pour résoudre un problème sanitaire global. Durant nos recherches, nous avons compris que nous n’allons pas vendre ces mini-poêles uniquement pour leur impact environnemental ou leur impact sanitaire, mais en premier lieu pour leur impact économique. Nous nous focalisons sur l’aide »


C’est parce que ces mini-poêles sont très bon marché (18 euros), pratiques (division par 2 du temps de cuisson) et ultra-efficaces (ils permettent d’économiser énormément de combustibles : baisse entre 60 et 80% de la consommation en bois ou en bouse de vache sèchée) qu’ils sont achetés par les personnes à faibles revenus. Et cet achat a comme corollaire un impact positif sur la santé (baisse de 80% des émissions) et l’environnement : forêts, biodiversité, climat (Lire : Le carbone-suie est responsable de la moitié du réchauffement de l'Arctique). Au lieu de faire la morale aux gens en leur disant « vous allez détruire la santé de vos enfants » ou « vous détruisez les forêts », Envirofit propose une solution concrète centrée sur l’épanouissement humain et soluble dans l’économie. Pour les familles vraiment très pauvres, Envirofit a développé une approche de microfinancing.

« L’état d’esprit est différent.
Au lieu de voir ce qui rend une idée difficile à réaliser,
ils imaginent ce qu’il faut faire pour la rendre réalisable »

- Francis Pisani (sortant de la conférence TED 2009, Long Beach, Californie)

nullBetterPlace a exactement le même type d’approche innovante et positive. Au lieu de culpabiliser (ou pire, de chercher à punir) les automobilistes qui utilisent une voiture à pétrole en leur disant « vous allez détruire la planète ! » ou en leur faisant subir des film écolo-catastrophistes, BetterPlace a développé un business-model innovant qui permet de vendre la voiture 100% électrique au même prix que son équivalent thermique.

Agir avec efficacité sur le plan environnemental, c'est tranformer l'écologie en une opportunité de croissance verte, au lieu de la faire passer pour une contrainte conduisant à la décroissance.

Préserver l’environnement et la santé n’est et ne sera possible qu’avec des solutions solubles dans l’économie et donc acceptables socialement. 

- Olivier


NB - Monsieur Cohn-Bendit, contrairement à ce que vous avez affirmé durant ce débat, Ségolène Royal a été la première à dénoncer cette taxe carbone, ceci avec beaucoup de courage politique, et bien avant que les
sondages lui donnent raison.


Lire aussi :

weblink Commentaires d'internautes suite au débat Royal / Cohn-Bendit - Extraits :
Gontran : "(...) Ségolène a compris que le développement durable ne doit pas agresser la société mais plutôt l'accompagner dans une transformation d'un avenir moderne en harmonie avec l'humanité (...)"
Timeset : "(...)
Elle est capable, digne, forte et tres intelligente ! n'en déplaise aux mauvaises langues, elle a du bon sens, les pieds sur terre et une vraie vision de la France ! (...)"
Transall :  " (...) A écouter les verts, on reviendrait à l'ère du charbon et de lampe à pétrole etc. Un bond de 40 ans en arrière (...)" 
Dolie : "(...) Daniel Cohn-Bendit,  il  la tutoie pour faire "peuple" ! (...)"

Kris :
"(...) Pragmatique, collant à la fois avec les réalités de la souffrance des entreprises, sortant des dogmes de fonctionnaires à l'abri des salaires difficiles à assurer quand les commandes ne sont pas au rdv, je suis épatée [par Ségolène Royal]. Et bien que de droite, je me demande si Ségolène nouveau look, moins show bizz, plus réelle, ne me séduirait pas ! (...)"
http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2010-03-26/fiscalite-verte-dialogue-royal-cohn-bendit-aigre-doux-sur-la-taxe-carbone/917/0/438051

weblink (...) Ségolène Royal , quant à elle, prône une écologie incitative et non une écologie punitive (...)
    L'écologie incitative c'est une vision sociale de l'écologie. En deux temps: Subvention à la croissance verte par des baisses de charges incitatives ( donnant-donnant) et incitation à consommer     écologique en baissant la TVA sur les produits verts. Simple non? Et beaucoup plus efficace que l'usine à gaz rocardienne (...) Ce sont donc bien deux visions écologistes qui s'affrontent . Une basée sur un enjeu global mais déconnecté de la réalité quotidienne     des peuples, l'autre qui la prend en compte et qui s'attaque aux gros pollueurs. Deux conceptions de l'écologie pour l'avenir. Ségolène Royal prône depuis toujours l'éco-sociétalisme et le met en     oeuvre dans sa région. La croissance verte doit permettre de faire émerger une gamme de produits, de biens et de services respectueux de l'environnement. C'est cela que nous devons inciter     et la planéte nous dira merci (...) - Suite : 
http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2010/03/25/17362612.html

weblink "Puisqu'on ne peut pas changer le caractère de l'être humain, essayons de composer avec son fonctionnement  (...) Si le développement durable ne suscite le plus souvent auprès du public qu'un intérêt un peu craintif, c'est qu'il est encore le plus souvent associé à un sacrifice financier et à une restriction de confort ou de mobilité. C'est cette tendance qu'il faudrait inverser, car personne n'est prêt, même au risque de détruire la planète, à régresser dans son niveau de vie (...) -  Bertrand Piccard
https://electron-economy.org/article-33203407.html


weblink Les dangers de la "No Future Mentality"
https://electron-economy.org/article-33455771.html

weblink La décroissance, ou l'art de semer la confusion entre la fin et les moyens
https://electron-economy.org/article-28504712.html


weblink Jean-Marc Jancovici se réjouit de la crise économique et vient donner des leçons de morale aux français sur le site de la chaîne de Martin Bouygues
https://electron-economy.org/article-le-prophete-jean-marc-jancovici-se-rejouit-de-la-crise-economique-et-vient-donner-des-le-ons-de-morale-aux-fran-ais-sur-le-site-de-la-chaine-de-bouygues-44020901.html


weblink "L'enterrement de la taxe carbone", Par Rodrigue Coutouly, Fiscalité Environnementale.net
http://www.fiscalite-environnementale.net/article-l-enterreme-47310699.html

weblink Innover au niveau des business-models
https://electron-economy.org/article--lancement-du-newyork-forum-par-richard-attias-il-faut-entamer-un-processus-de-reinvention-des-business-models-johanna-safar-france-amerique-com--44092661.html

weblink "Tolérance et responsabilité intellectuelle" - Par Karl Popper
https://electron-economy.org/article--tolerance-et-responsabilite-intellectuelle-par-karl-popper--42837989.html

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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /2010 00:10


On se souvient de l'époque pas si lointaine où Rajendra Pachauri, le président végétarien du GIEC, faisait du militantisme écolo, sur la base de données non scientifiques. Voir par exemple cette lettre cosignée par Rajendra Pachauri et Paul Mc Cartney  :

Changement radical d'approche, Rajendra Pachauri vient de s'engager à respecter les principes fondateurs du GIEC, c'est à dire à être neutre :

"UN climate change chief Rajendra Pachauri says sorry — and switches to neutral - The outspoken chairman of the UN’s climate change body is to adopt a neutral advisory role and has agreed to stop making statements demanding new taxes and other radical policies on cutting emissions (...)"
http://www.timesonline.co.uk/tol/news/environment/article7078140.ece#cid=OTC-RSS&attr=797093

A voir s'il parviendra à respecter son nouvel engangement. Que Paul MacCarney souhaite militer contre les régimes omnivores équilibrés, c'est son droit le plus strict, au même titre que n'importe quel citoyen. Par contre, le président du GIEC est tenu à la neutralité dans le domaine politique, les statuts du GIEC précise cela très clairement. On ne peut pas utiliser le poids d'une institution qui se veut scientifique pour chercher à imposer ses lubbies personnelles aux autres. C'est une situation d'abus de pouvoir.

En France, Jean Jouzel, vice président du GIEC avait fait naufrage dans le même genre de dérive écolo-politique en co-signant avec un vendeur de bilan carbone un appel à la mise en place de la taxe carbone en France (plus d'infos ici). La science ne dit pas "il faut une taxe carbone". Le rôle des scientifiques du GIEC est d'établir un état des lieux des connaissances sur le climat, de manière ouverte, plurielle, et en aucun cas de prescrire telle ou telle politique fiscale !

- Olivier


Lire aussi :

"Manger moins de viande ne réduira pas le réchauffement climatique" (Etude, Université de Californie)
https://electron-economy.org/article-manger-moins-de-viande-ne-reduira-pas-le-rechauffement-climatique-47194282.html

Viande et climat : l'ONU (FAO) va revoir sa copie (BBC)
https://electron-economy.org/article-viande-et-climat-l-onu-fao-va-revoir-sa-copie-47278548.html

Les végétariens remplaçant la viande par des substituts comme le tofu impactent davantage l'environnement que les personnes ayant un régime alimentaire normal (Cranfield University)
https://electron-economy.org/article-les-vegetariens-rempla-ant-la-viande-par-le-tofu-impactent-davantage-l-environnement-que-les-personnes-ayant-un-regime-alimentaire-normal-etude-de-cranfield-university-pour-le-wwf-45103625.html
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /2010 19:30
Laurent Carpentier vient de publier un article dans Le Monde intitué "Les orphelins du progrès", où il croit bon de s'attaquer aux personnes qui osent penser librement et qui refusent d'obéïr à la pensée unique pseudo-consensuelle du GIEC, groupe d'experts nommés par l'ONU afin de conforter un agenda politique. Dans cet article vraiment très superficiel (c'est du niveau du film "Le syndrome du Titanic" de Nicolas Hulot), Laurent Carpentier écrit notamment :

"(...) en réponse au sommet de Rio, une brochette de
Prix Nobel, de philosophes et de scientifiques de premier plan signait l'appel d'Heidelberg (...) Une chose a changé toutefois depuis l'appel d'Heidelberg: l'alarme sur le climat n'est plus le fait de prosélytes de la nature mais de scientifiques venus du même moule qu'eux. Jean Jouzel est au Commissariat à l'énergie atomique,
Edouard Bard au Collège de France, Hervé Le Treut à l'Académie des sciences… Ce sont les enfants du rationalisme scientifique eux-mêmes qui désormais alertent sur la crise environnementale : oui, la planète est en danger (...)"
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/26/les-orphelins-du-progres_1324963_3244.html

Commentaires :

(1) Il ne s'agit pas d'une "brochette" mais de 4 000 intellectuels, dont 3000 scientifiques et 72 prix Nobel (Physique, Chimie, Médecine). Plus d'infos ici :
https://electron-economy.org/article-histoire-l-appel-d-heidelberg-1992-44423818.html

(2) Laurent Carpentier n'a pas compris l'appel d'Heidelberg et en pervertit l'esprit en sous-entendant que ses signataires sont opposés à la préservation de l'environnement ! Appel d'Heidelberg :
" (...) Nous exprimons la volonté de contribuer pleinement à la préservation de notre héritage commun, la Terre. Toutefois, nous nous inquiétons d’assister, à l’aube du vingt et unième siècle, à l’émergence d’une idéologie irrationnelle qui s’oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social. Nous affirmons que l’état de nature, parfois idéalisé par des mouvements, qui ont tendance à se référer au passé, n’existe pas et n’a probablement jamais existé depuis l’apparition de l’homme dans la biosphère, dans la mesure où l’humanité a toujours progressé en mettant la nature à son service et non l’inverse. Nous adhérons totalement aux objectifs d’une écologie scientifique axée sur la prise en compte, le contrôle et la préservation des ressources naturelles. Toutefois nous demandons formellement par le présent appel que cette prise en compte, ce contrôle et cette préservation soient fondés sur des critères scientifiques et non sur des préjugés irrationnels (...)

(3) La planète n'est absolument pas "en danger", elle en a vu vraiment d'autres ! Les scientifiques sérieux (c'est à dire ceux qui ne sont pas écolo-idéologisés) n'ont jamais dit cela. Il semble que Laurent Capentier ne sait pas faire la différence entre une discours scientifique et un discours écolo-politique. Ce que disent les scientifiques, c'est qu'il est possible (et donc non certain) que le réchauffement de 0,6°C observé au cours du 20ème siècle se poursuive au cours du 21ème siècle, et que cela pourrait (conditionnel) poser des problèmes d'adaptations aux populations les plus pauvres. Comment résoudre ce problème ? : en faisant tout pour sortir ces populations de la pauvreté, afin qu'elles deviennent capables de s'adapter au changement. Le climat change et a toujours changé, quoi que l'homme fasse.

(4) A force de servir à toutes les sauces écolos Jean Jouzel dans les médias, sa scientificité aux yeux du grand public s'effrite chaque jour davantage, comme une peau de chagrin.

(5) A cet article de Laurent Carpentier on ne pourrait trouver meilleure réponse que cette analyse de Pascal Bruckner :

" (...) Croire que demain, par une nouvelle frugalité, un changement de civilisation, nous modifierons la météo et sauverons la planète, c’est retomber dans le même fantasme prométhéen que les adeptes les plus fanatiques du progrès (...)"
https://electron-economy.org/article-scintisme-climatique-une-excellente-analyse-de-pascal-bruckner-liberation-fr--42900615.html

Quand il s'agit de parler du réchauffement climatique (qui est à mon sens un problème sérieux et très réel), quand cela colle à leur doctrine, certains pélerins de l'écologie, qui boivent volontiers les propos de ceux qu'ils autorisent à penser à leur place et dont ils ne font que reprendre les schémas de pensée pré-fabriqués, aiment se réfugier dans le  : "C'est scientifique, ce sont les experts qui le disent !".

Mais les mêmes viennent ensuite vous sermonner "c'est du scientisme, c'est du scientisme !" quand on leur parle de solutions technologiques (qui sont réelles et disponibles ici et maintenant) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils oublient que les progrès au niveau des connaissances sur le climat sont uniquement dues au progrès scientifique : satellites, sondes, ordinateurs etc. On n'entend jamais ces "écolos" dire : 
"Prévoir le climat à horizon 2050 ou 2100, c'est du scientisme !"

Ils ont une confiance absolue envers la science quand on leur parle de réchauffement climatique, mais il n'ont aucune confiance envers la science quand on leur parle des solutions techno-scientifiques ! 

- Olivier


Lire aussi :



"Panique ondulatoire dans les médias - Le Monde 2 et les « électrosensibles »
- En matière d’ondes et de santé, le discours des « électrosensibles » — qui se sentent victimes des WiFi, antennes relais et autres — est bien plus attrayant que les sobres conclusions des scientifiques. Pour des journalistes chez qui le désir de plaire dépasse la volonté d’informer, ou chez qui l’idéologie anesthésie l’esprit critique, adopter sans réserve le point de vue des « victimes » est tentant. Ils contribuent alors à l’expansion des superstitions (d’autant que le suivisme médiatique engendre souvent un effet boule de neige), renforcent une tendance anti-scientifique, et nuisent même aux personnes qu’ils pensent soutenir. L’article de Laurent Carpentier, « Les révoltés des ondes », paru dans la revue Le Monde 2 du 3 mai 2008, est tout à fait représentatif de cette tendance (...)"
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article941


nullExhibition de con-science sans science n'est que ruine de l'homme.
https://electron-economy.org/article-conscience-sans-science-n-est-que-ruine-de-l-eco-progres-38019524.html




nullDe quelle couche êtes-vous ?
https://electron-economy.org/article-de-quelle-couche-etes-vous-45486568.html



Le démon de Laplace ou la substantifique moelle des délires scientistes climato-prophétiques
https://electron-economy.org/article-climat-le-demon-de-laplace-ou-la-ruine-de-la-sagesse-45167741.html

Une croissance verte durable : demandez aux plantes !
https://electron-economy.org/article-une-croissance-verte-durable-demandez-aux-plantes-partie-2--39317675.html

"Lorsqu'une théorie scientifique prend le pouvoir pour sauver les hommes, cela s'est toujours terminé par des massacres", par Serge Galam
https://electron-economy.org/article-lorsqu-une-theorie-scientifique-prend-le-pouvoir-pour-sauver-les-hommes-cela-s-est-toujours-termine-par-des-massacres-45208669.html

null"Nous ne sommes plus au Moyen Age", par Jacques Le Goff, historien
https://electron-economy.org/article-ecologie-nous-ne-sommes-plus-au-moyen-age-par-jacques-le-goff-historien-46901293.html

"Pour une écologie de l'homme" - Par Nicole Jetté-Soucy, philosophe 
https://electron-economy.org/article-pour-une-ecologie-de-l-homme-par-nicolas-jette-soucy-philosophe-45601939.html

La connaissance sans certitude
https://electron-economy.org/article-livre-karl-popper-ou-la-connaissance-sans-certitude-d-andre-verdan-41963867.html
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /2010 00:15
http://sites.google.com/site/objectifterre/home/bbc%20pdo.jpg

Voici un échange de mails entre climatologues défendant l'hypothèse CO2-centrique (emails qui ont été dévoilés depuis le serveur de l'université d'East Anglia, affaire du Climategate) :

- Narasimha Rao signale que la BBC a fait écho de l'hypothèse océanique : l'Oscillation Pacifique Décennalle (PDO) peut expliquer en bonne partie le réchauffement observé entre les années 70 et 90. Article de la BBC : What happened to global warming? - Narasimha Rao note que la BBC est très influente et demande à ses collègues s'il faut s'inquièter que ce genre d'hypothèse soit rendue publique. Il laisse cependant sous-entendre que cette hypothèse océanique n'est pas si scandaleuse que cela.

- Stephen H Schneider (l'un des champions du CO2-alarmisme) méprise le journaliste de la BBC, ceci sans apporter aucun argument sérieux.

- Michael Mann se dit "extrêmement déçu" que ce genre d'hypothèse soit rendue publique par la BBC.

- Kevin Trenberth déclare que personne au sein de la tribu CO2-centrique ne parvient à expliquer la pause du réchauffement depuis une décennie et que c'est ridicule de ne pas pouvoir l'expliquer.

- Olivier


From: "Narasimha D. Rao" <[3]ndrao@xxxxxxxxx.xxx>
To: "Stephen H Schneider" <[4]shs@xxxxxxxxx.xxx>
Sent: Sunday, October 11, 2009 10:25:53 AM GMT -08:00 US/Canada Pacific
Subject: BBC U-turn on climate
Steve,
You may be aware of this already.
Paul Hudson, BBC's reporter on climate change, on Friday wrote that there's been no warming since 1998, and that pacific oscillations will force cooling for the next 20-30 years. It is not outrageously biased in presentation as are
other skeptics' views.


[5] http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/8299079.stm
[6] http://blogs.telegraph.co.uk/news/damianthompson/100013173/the-bbcs-amazing-u-turn-on-cl
imate-change/

BBC has significant influence on public opinion outside the US.
Do you think this merits an op-ed response in the BBC from a scientist?

Narasimha
PhD Candidate,
Emmett Interdisciplinary Program in Environment and Resources (E-IPER)
Stanford University
Tel: 415-812-7560


On Oct 12, 2009, at 2:32 AM, Stephen H Schneider wrote:

Hi all. Any of you want to explain decadal natural variability and signal to noise and sampling errors to this new "IPCC Lead Author" from the BBC? As we enter an El Nino year and as soon, as the sunspots get over their temporary--presumed--vacation worth a few
tenths of a Watt per meter squared reduced forcing, there will likely be another dramatic upward spike like 1992-2000. I heard someone--Mike Schlesinger maybe??--was willing to bet alot of money on it happening in next 5 years?? Meanwhile the past 10 years of global mean temperature trend stasis still saw what, 9 of the warmest in reconstructed 1000 year record and Greenland and the sea ice of the North in big retreat?? Some of you observational folks probably do need to straighten this out as my student suggests below. Such "fun", Cheers,
Steve
Stephen H. Schneider
Melvin and Joan Lane Professor for Interdisciplinary Environmental Studies,
Professor, Department of Biology and
Senior Fellow, Woods Institute for the Environment
Mailing address:
Yang & Yamazaki Environment & Energy Building - MC 4205
473 Via Ortega
Ph: 650 725 9978
F: 650 725 4387
Websites: climatechange.net
patientfromhell.org



Michael Mann wrote:

extremely disappointing to see something like this appear on BBC. its particularly odd, since climate is usually Richard Black's beat at BBC (and he does a great job). from what I can tell, this guy was formerly a weather person at the Met Office. We may do something about this on RealClimate, but meanwhile it might be appropriate for the Met Office to have a say about this, I might ask Richard Black what's up here?

mike

Michael E. Mann
Professor
Director, Earth System Science Center (ESSC)
Department of Meteorology Phone: (814) 863-4075
503 Walker Building FAX: (814) 865-3663
The Pennsylvania State University email: [7]mann@xxxxxxxxx.xxx
University Park, PA 16802-5013
website: [8]http://www.meteo.psu.edu/~mann/Mann/index.html
"Dire Predictions" book site:
[9]http://www.essc.psu.edu/essc_web/news/DirePredictions/index.html


****************

From: Kevin Trenberth <trenbert@xxxxxxxxx.xxx>
To: Michael Mann <mann@xxxxxxxxx.xxx>
Subject: Re: BBC U-turn on climate
Date: Mon, 12 Oct 2009 08:57:37 -0600
Cc: Stephen H Schneider <shs@xxxxxxxxx.xxx>, Myles Allen <allen@xxxxxxxxx.xxx>, peter stott <peter.stott@xxxxxxxxx.xxx>, "Philip D. Jones" <p.jones@xxxxxxxxx.xxx>, Benjamin Santer <santer1@xxxxxxxxx.xxx>, Tom Wigley <wigley@xxxxxxxxx.xxx>, Thomas R Karl <Thomas.R.Karl@xxxxxxxxx.xxx>, Gavin Schmidt <gschmidt@xxxxxxxxx.xxx>, James Hansen <jhansen@xxxxxxxxx.xxx>, Michael Oppenheimer <omichael@xxxxxxxxx.xxx>

Hi all
Well I have my own article on where the heck is global warming? We are asking that here in Boulder where we have broken records the past two days for the coldest days on record. We had 4 inches of snow. The high the last 2 days was below 30F and the normal is 69F, and it smashed the previous records for these days by 10F. The low was about 18F and also a record low, well below the previous record low. This is January weather (see the Rockies baseball playoff game was canceled on saturday and then played last night in below freezing weather).
Trenberth, K. E., 2009: An imperative for climate change planning: tracking Earth's global
energy. Current Opinion in Environmental Sustainability, 1, 19-27,
doi:10.1016/j.cosust.2009.06.001. [1][PDF] (A PDF of the published version can be obtained
from the author.)

The fact is that we can't account for the lack of warming at the moment and it is a travesty that we can't. The CERES data published in the August BAMS 09 supplement on 2008 shows there should be even more warming: but the data are surely wrong. Our observing system is inadequate. That said there is a LOT of nonsense about the PDO. People like CPC are tracking PDO on a monthly basis but it is highly correlated with ENSO. Most of what they are seeing is the change in ENSO not real PDO. It surely isn't decadal. The PDO is already reversing with the switch to El Nino. The PDO index became positive in September for first time since Sept 2007.
see
[2]
http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/GODAS/ocean_briefing_gif/global_ocean_monitoring_current.ppt
Kevin
Kevin E. Trenberth e-mail: [10]trenbert@xxxxxxxxx.xxx
Climate Analysis Section, [11]www.cgd.ucar.edu/cas/trenbert.html
NCAR
P. O. Box 3000, (303) 497 1318
Boulder, CO 80307 (303) 497 1333 (fax)
Street address: 1850 Table Mesa Drive, Boulder, CO 80305
References
1. http://www.cgd.ucar.edu/cas/Trenberth/trenberth.papers/EnergyDiagnostics09final.pdf
2. http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/GODAS/ocean_briefing_gif/global_ocean_monitoring_current.ppt
3. mailto:ndrao@xxxxxxxxx.xxx
4. mailto:shs@xxxxxxxxx.xxx
5. http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/8299079.stm
6. http://blogs.telegraph.co.uk/news/damianthompson/100013173/the-bbcs-amazing-u-turn-on-climate-change/
7. mailto:mann@xxxxxxxxx.xxx
8. http://www.meteo.psu.edu/%7Emann/Mann/index.html
9. http://www.essc.psu.edu/essc_web/news/DirePredictions/index.html
10. mailto:trenbert@xxxxxxxxx.xxx
11. http://www.cgd.ucar.edu/cas/trenbert.html


On Oct 14, 2009, at 3:01 AM, Tom Wigley wrote:
Dear all,
At the risk of overload, here are some notes of mine on the recent lack of warming. I look at this in two ways. The first is to look at the difference between the observed and expected anthropogenic trend relative to the pdf for unforced variability. The second is to remove ENSO, volcanoes and TSI variations from the observed data.  Both methods show that what we are seeing is not unusual. The  second method leaves a significant warming over the past decade. These sums complement Kevin's energy work. Kevin says ... "The fact is that we can't account for the lack of warming at the moment and it is a travesty that we can't".

 I do not agree with this.
 Tom.

Michael Mann wrote:
thanks Tom,
I've taken the liberty of attaching a figure that Gavin put together the other day (its an update from a similar figure he prepared for an earlier RealClimate post. see:
 http://www.realclimate.org/index.php/archives/2009/05/moncktons-deliberate-manipulation/).
It is indeed worth a thousand words, and drives home Tom's point below. We're planning on doing a post on this shortly, but would be nice to see the Sep. HadCRU numbers first,
 mike

On Oct 14, 2009, at 5:57 PM, Tom Wigley wrote:
Mike,
The Figure you sent is very deceptive. As an example, historical runs with PCM look as though they match observations -- but the match is a fluke. PCM has no indirect aerosol forcing and a low  climate sensitivity -- compensating errors. In my (perhaps too  harsh) view, there have been a number of dishonest presentations of model  results by individual authors and by IPCC. This is why I still use  results from MAGICC to compare with observed temperatures. At least
 here I can assess how sensitive matches are to sensitivity and  forcing assumptions/uncertainties.
Tom.


On Wed, 2009-10-14 at 18:06, Michael Mann wrote:
Hi Tom,
thanks for the comments. well, ok. but this is the full CMIP3 ensemble, so at least the plot is sampling the range of choices regarding if and how indirect effects are represented, what the cloud radiative feedback & sensitivity is, etc. across the modeling community. I'm not saying that these things necessarily cancel out  (after all, there is an interesting and perhaps somewhat disturbing compensation between indirect aerosol forcing and sensitivity across
 the CMIP3 models that defies the assumption of independence), but if showing the full spread from CMIP3 is deceptive, its hard to imagine what sort of comparison wouldn't be deceptive (your point re MAGICC notwithstanding), perhaps Gavin has some further comments on this (it is his plot after all),
 mike


Gavin Schmidt wrote:
Tom, with respect to the difference between the models and the data, the  fundamental issue on short time scales is the magnitude of the internal  variability. Using the full CMIP3 ensemble at least has multiple individual realisations of that internal variability and so is much more
suited to a comparison with a short period of observations. MAGICC is great at the longer time scale, but its neglect of unforced variability does not make it useful for these kinds of comparison.
The kind of things we are hearing "no model showed a cooling", the "data
 is outside the range of the models
" need to be addressed directly
.
Gavin


From: Tom Wigley <wigley@xxxxxxxxx.xxx>
To: Gavin Schmidt <gschmidt@xxxxxxxxx.xxx>
Subject: Re: BBC U-turn on climate
Date: Wed, 14 Oct 2009 16:43:54 -0600

Cc: Michael Mann <mann@xxxxxxxxx.xxx>, Kevin Trenberth <trenbert@xxxxxxxxx.xxx>, Stephen H Schneider <shs@xxxxxxxxx.xxx>, Myles Allen <allen@xxxxxxxxx.xxx>, peter stott <peter.stott@xxxxxxxxx.xxx>, "Philip D. Jones" <p.jones@xxxxxxxxx.xxx>, Benjamin Santer <santer1@xxxxxxxxx.xxx>, Thomas R Karl <Thomas.R.Karl@xxxxxxxxx.xxx>, Jim Hansen <jhansen@xxxxxxxxx.xxx>, Michael Oppenheimer
<x-flowed>
Gavin,

I just think that you need to be up front with uncertainties
and the possibility of compensating errors.

Tom.



Source :
http://www.eastangliaemails.com/emails.php?eid=1048

Suite ici :
http://www.eastangliaemails.com/emails.php?eid=1052
Suite ici :
http://www.eastangliaemails.com/emails.php?eid=1057

----------------------------------

NB - D'autre mails :

Juillet 2008 - Andrew C. Revkin pose la question :

" (...) has anyone characterized how much impact (if any) PDO has on hemispheric or global temp trends, and if so is there a graph showing what happens when that's accounted for? (...)"
http://www.eastangliaemails.com/emails.php?eid=908

C'est déjà un bon point de se poser la question :-)
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